Bookmark and Share

Lettre France-Asie n68

par Webmaster 26/01/2016

Voyage de François Hollande

Le Président de la République François Hollande s’est rendu les 2 et 3 novembre en Chine pour sa deuxième visite d’Etat dans ce pays depuis son élection en 2012. Jean-Marie Cambacérès président de France-Asie et président de Démocratie 2012, faisait à nouveau partie de la délégation officielle en Chine comme en avril 2013.
Le premier Airbus de la délégation a atterri le 1er novembre à Chongqing, à l’est de la province du Sichuan, l’une des plus grandes villes du monde avec 32 millions d’habitants.

Le 2 au matin, l’avion présidentiel atterrit à Chongqing. François Hollande était accompagné de plusieurs membres du gouvernement à savoir : Laurent Fabius, Ségolène Royal, Michel Sapin, Jean-Marie Le Guen et Laurence Rossignol ainsi que de quelques parlementaires, dont Elisabeth Guigou, Présidente de la Commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale. Les deux délégations visitèrent ensemble avec le Président de la République la compagnie de Tangjiatuo (JV avec Suez) sous la conduite de Gérard Mestrallet et de Sung Chengcai secrétaire du Comité municipal du Parti Communiste Chinois de Chongqing et membre du bureau politique. Les deux avions partirent ensuite pour Pékin.
Dans l’après-midi François Hollande eut un entretien avec le Président chinois Xi Jinping. C’est au cours de cet entretien que les deux présidents scellèrent leur accord pour la COP21. Puis ils assistèrent à la cérémonie de signatures des accords. Le 2 au soir le Président chinois offrit un banquet officiel en l’honneur du Président français dans la grande salle de l’Assemblée Nationale Populaire.

A la fin du banquet, Jean-Marie Cambacérès eut la possibilité de parler au Président chinois Xi Jinping et de lui remettre son livre : « Sihanouk le Roi insubmersible », traduit en chinois. Le président Xi Jinping était présent, avec l’ancien président chinois Hu Jintao, au pied du lit mortuaire de Norodom Sihanouk après le décès de ce dernier à Pékin le 15 octobre 2012.

Le lendemain François Hollande prit un petit déjeuner avec quelques grands chefs d’entreprises, dont Jack Ma PDG du Groupe Alibaba, membres du China Entrepreneur Club. Après une visite rapide au Temple du Ciel, le Président français se rendit à la Résidence d’Etat de Diaoyutai pour conclure avec le Premier ministre chinois Li Keqiang les travaux du forum des entreprises chinoises et françaises, intitulé : Sommet franco-chinois Economie et Climat. Il visita ensuite la Galerie des Solutions.
Après un déjeuner avec le Premier ministre chinois à Diaoyutai, François Hollande rencontra la délégation des chefs d’entreprises françaises au Sofitel Wanda, puis participa à une conférence de presse avec les journalistes chinois, français et internationaux.

Il se rendit ensuite à la Résidence de France pour la réception en l’honneur de la communauté française de Pékin, organisée par l’ambassadeur de France Maurice Gourdault-Montagne. Après un discours très applaudi, François Hollande se livra à un bain de foule enthousiaste comme il les aime. Enfin pour conclure ces deux jours très intenses et avant de décoller pour la Corée, il remit en petit comité les insignes d’officier de la Légion d’Honneur à Patricia Tartour PDG de la Maison de la Chine.

Cette visite d’Etat fut très positive, non seulement pour la dizaine d’accords passés (notamment avec Areva, EDF, Amundi et d’autres), mais surtout pour l’accord entre la Chine et la France au sujet de la COP21 (notamment caractère contraignant de l’accord et processus d’ajustement tous les cinq ans).

La Chine et le terrorisme

Le 18 novembre, cinq jours après les attentats de Paris, l’organisation Daech a annoncé l’assassinat d’un otage chinois Fan Jinghui, consultant de Pékin âgé de 50 ans.
Le 20 novembre, les autorités chinoises ont annoncé la mort de 28 terroristes, suite à l’attaque le 16 septembre d’une mine de charbon dans la préfecture d’Aksu au nord de Kashgar dans le Xinjiang.
La traque des terroristes par les troupes chinoises aurait duré cinq semaines.
Le 10 décembre pour la première fois l’organisation Daech a publié un chant en mandarin appelant les musulmans chinois à « prendre les armes pour se battre ». Ce chant de près de quatre minutes a été mis en ligne par l’organe de communication en langue étrangère de Daech.
Ce chant laisse à penser que Daech cherche à recruter en Chine notamment auprès des Ouighours du Xinjiang.
La correspondante du Nouvel Observateur en Chine Ursula Gauthier s’est vu refuser le renouvellement de sa carte de presse et de son visa fin décembre, après avoir décrit comme répressive la politique de Pékin au Xinjiang.

Nouvelle catastrophe

A Shenzhen, une colline artificielle haute de cent mètres qui accueillait depuis des années les produits des excavations des sites de construction venant du formidable développement de la région, s’est effondrée sur les immeubles voisins suite à des pluies torrentielles. Cet effondrement a aussi fait exploser une canalisation de gaz qui alimente Hong Kong.
Trente trois bâtiments ont été détruits, 900 personnes ont été évacuées et 90 portées disparues.
Cette catastrophe après celle de TianJin, et l’alerte rouge à la pollution à Pékin et plusieurs villes, montrent les limites d’un développement anarchique en termes de vies humaines et d’environnement.

Fin de la politique de l’enfant unique

Annoncée depuis plusieurs mois, le 29 octobre, le Comité central du Parti Communiste Chinois a officialisé la fin de la politique de l’enfant unique, et donné l’autorisation à tous les couples d’avoir un deuxième enfant. Le contrôle des naissances était devenu au fil des années synonyme de violente intrusion de l’État dans la vie intime des citoyens.
A déjà 1,7 enfants par femme, à cause des exceptions de toutes sortes (campagne, minorités, paiement d’amendes), il n’est pas sûr que cette nouvelle décision permette à la fécondité de remonter, vu les nouveaux modes de vie des femmes chinoises.

Un prix Nobel de médecine pour le professeur Tu Youyou

La professeure Tu Youyou, 84 ans, partage ce prix Nobel avec un Japonais et un Irlandais. C’est la première fois qu’une scientifique chinoise non émigrée se voit décerner cette haute récompense pour des recherches menées en Chine sur l’artémisinine dont elle a exploité les propriétés pour traiter le paludisme.

En souvenir de Prosper Giquel

Qui se souvient de Prosper Giquel ?
Il y a près de 150 ans, Prosper Giquel, natif de Lorient, diplômé de Navale, avait créé en Chine la première université francophone à Ma Weil en aval de la grande ville de Fuzhou. Une soixantaine de professeurs et ingénieurs français y enseignèrent jusqu’en 1875. Quelques années auparavant, Prosper Giquel avait créé un chantier naval à côté, connu sous le nom « d’arsenal de Foutcheou ».
C’est le gouvernement chinois qui avait financé ces projets universitaires et industriels, face aux troubles chez les chinois islamisés des provinces de l’Ouest et la crainte des empiètements japonais sur la souveraineté chinoise à Formose.

Mais, ironie de l’histoire, c’est Jules ferry qui ordonne la destruction de cette université laïque francophone (Georges Clémenceau était contre cette décision) qui n’avait pas coûté un centime à notre pays, et c’est l’amiral Courbet qui s’en chargea, à l’époque de la conquête du Tonkin et de l’occupation du nord de Formose par la France. En quelques heures l’université et une douzaine de navires de conception française furent détruits. Ils avaient été construits quelques années auparavant par Prosper Giquel avec des enseignants et des ingénieurs français et commandés par des officiers chinois qui avaient étudié en France.

Poster un commentaire

France-Asie, Association Loi 1901, 12 rue ernest psichari 75007 Paris.
Copyright © Association France-Asie. All rights reserved. Mentions légales et crédits..