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Lettre France-Asie n53 Chine

par Webmaster 1/04/2012

Affaire Bo Xilai

Il a beaucoup été question dans les médias des deux pandas chinois arrivés en France mais pendant ce temps le gouvernement chinois lançait une offensive contre les réseaux sociaux puis éclatait l’affaire Bo Xilai.

En effet, ce durcissement brutal contre les réseaux sociaux coïncide avec le limogeage d’un haut responsable du Parti Communiste Chinois, Bo Xilai (62 ans), ancien Ministre du Commerce extérieur. Il a été remplacé à la tête du parti à Chongqing (35 millions d’habitants) par Zhang Dejiang, Vice-premier ministre. Bo Xilai s’était illustré par sa lutte contre la mafia, par ses discours populistes contre les inégalités et par une propagande « néomaoïste » qu’il avait remis à l’ordre du jour. Appartenant au « clan des princes », son père Boyibo était un des vétérans du PCC, il était candidat au « saint des saints », le Comité permanent du Bureau Politique composé de 9 personnes. Mais son bras droit, le « super-flic » Wang Lijun chargé de la lutte anti-mafia, s’est retourné contre lui et a tenté début février de faire défection en se réfugiant pendant plusieurs heures au Consulat américain de la ville voisine de Chengdu, avec sûrement des documents compromettant, avant d’en ressortir et d’être arrêté par les autorités de Pékin. En fait, la lutte anti-mafia aurait servi à sacrifier des chefs d’entreprise du secteur privé proche de Wang Yang qui était Premier Secrétaire du PCC à Chongqing avant Bo Xilai, et maintenant Premier Secrétaire du Guangdong, lui aussi candidat au Comité permanent du Bureau Politique et donc rival de Bo Xilai ; d’autant plus que Wang Yang s’est fait une renommée de « libéral » en permettant aux habitants de Wakan de voter pour changer le Secrétaire du Parti du village qui les avait spoliés.

Les luttes de clans et de tendances et les purges semblent avoir repris à l’intérieur du PCC à l’occasion du renouvellement à l’automne des hauts dirigeants lors du prochain congrès.

La femme de Bo Xilai serait aussi liée à la mort en novembre de Neil Keywood, un consultant anglais.

A quelques mois du 18e Congrès, tout cela fait désordre. L’harmonie n’est pas au rendez-vous, d’autant plus que la trentaine d’immolations par le feu de Tibétains interpelle aussi les dirigeants chinois d’une manière plus importante que les émeutes.

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