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Lettre France-Asie n52 Chine

par Webmaster 25/12/2011

Politique

Le plénum du comité central du Parti Communiste Chinois s’est tenu à huis clos du 15 au 18 octobre à Pékin. C’est le dernier grand rendez-vous des 370 membres de l’organe suprême du Parti avant le congrès de l’automne 2012 où seront désignés les hommes qui dirigeront la Chine pendant la décennie suivante, notamment Xi Jinping comme nouveau Président et Li Keqiang comme futur Premier ministre. Le thème retenu pour le plénum était « la réforme culturelle ». Par culture, il faut entendre aussi information et propagande. C’est là que s’est décidé un contrôle plus grand d’internet et des réseaux sociaux, notamment Weibo – le twitter chinois – ainsi qu’une reprise en main des télévisions par satellites à des fins « morales » et de stabilité sociale.

Le seuil d’un demi-milliard d’internautes a été franchi et près de 200 millions utiliseraient les sites de microblogs.

Economie et social

Pékin cherche à maintenir un équilibre entre croissance et inflation. Au troisième trimestre, le PIB de la Chine a progressé de 9,1% sur un an, contre 9,5% au 2e trimestre et 9,7 au premier. Cette décélération est le résultat de la politique de contrôle du gouvernement. Après un pic à 6,5% en juillet, l’inflation s’était stabilisée à 6,1% en septembre, loin de l’objectif des 4% pour 2011.

Conséquence, les ratios de réserves obligatoires des banques commerciales ont été revus à la hausse à de multiples reprises et les taux directeurs de la banque centrale ont été relevés cinq fois en douze mois. Les banques, majoritairement publiques, financent d’abord les projets de l’Etat et les grandes entreprises nationalisées avant de prêter aux ménages. Ces derniers continuent d’épargner malgré l’inflation pour leur santé, leur retraite et leur logement et consomment moins. Résultat, la consommation représente aujourd’hui 35% du PIB contre 45% il y a dix ans.

Les PME peinent aussi à avoir des crédits, et beaucoup ferment. Leurs patrons endettés disparaissent comme à Wenzhou où 227 entrepreneurs se sont volatilisés devant l’importance des dettes et l’impossibilité d’avoir des crédits. L’inquiétude porte aussi sur l’immobilier, alors que les volumes de vente sont en déclin.

De plus, le ralentissement de l’économie mondiale et la hausse des coûts de production en Chine contraignent des sous-traitants dans les provinces exportatrices à des licenciements. Beaucoup de salariés ne sont plus payés, ce qui engendre de nouvelles vagues de protestation et des grèves. La production manufacturière et les exportations sont en recul.

Face à cela, Pékin a changé son fusil d’épaule et a ouvert à nouveau les vannes du crédit. Début décembre, la Banque centrale a baissé de 0,5% le taux des réserves obligatoires des banques. Cet ajustement permettra de libérer 390 milliards de yuans (45 milliards d’euros) en crédits supplémentaires.

Fin décembre, Pékin a annoncé que la Chine allait limiter les investissements des constructeurs automobiles étrangers pour encourager son industrie nationale. La Chine est le premier marché automobile du monde, mais les ventes de voitures y sont en recul.

Le GPS chinois, Beidou, actif en 2012

Pékin a annoncé le 27 décembre la mise en service de son système de géolocalisation, concurrent du GPS, baptisé « Beidou »,

nom chinois de la constellation de la Grande Ourse. Pékin a déjà construit l’infrastructure initiale du système et 16 satellites devraient permettre au réseau d’être actif sur l’essentiel de l’Asie-Pacifique en 2012.

Dès 2000, la Chine s’était lancée dans ce programme à vocation militaire. En 2003, Pékin s’était engagé dans le programme européen Galileo, mais a rapidement décidé de faire cavalier seul. En 2006, la Chine avait annoncé que son programme comporterait un volet civil donc en concurrence directe avec Galileo.

Pékin a déjà mis en orbite dix satellites dédiés, le dernier datant du 2 décembre, et prévoit d’en lancer six autres l’an prochain.

Internationalisation du yuan

Pékin accélère par ailleurs l’internatio-nalisation du yuan. Le 28 décembre, le Soudan a demandé à la Chine d’utiliser leurs monnaies respectives dans leurs échanges. Depuis 2009, la Chine a déjà signé des accords de « swap », c’est-à-dire de compensation directe sur des montants plafonnés, avec de multiples banques centrales surtout en Asie, mais aussi avec l’Argentine et la Nouvelle Zélande. En décembre, de tels accords ont été conclus avec le Pakistan et la Thaïlande, permettant à leurs commerçants d’obtenir des yuans pour leurs transactions avec la Chine.

Une nouvelle étape a été franchie le 25 décembre, lorsque la Chine a signé avec le Japon un pacte prévoyant l’utilisation directe du yuan et du yen entre la deuxième et la troisième économie mondiale afin de réduire les risques de change et les coûts de transaction.

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