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Lettre France-Asie n51 Chine

par Webmaster 1/10/2011

Un porte-avions chinois

Le premier porte-avions chinois a été inauguré en août. Tout avait commencé à la fin des années 90 comme dans un film de James Bond, par l’achat, à travers une société écran, d’un porte-avions inachevé en Ukraine, le Varyag, lors de l’effondrement de l’URSS, soit disant pour en faire un casino flottant à Macao.

Puis la trace du Varyag se perd. En fait, il accoste en 2003 dans le port militaire de Dalian dans le Nord-est de la Chine. Le Varyag avait été construit à 70% mais dépourvu d’électronique et de système de motorisation. Les travaux de finition ont commencé en 2005 et son voyage inaugural a débuté le 10 août 2011. Entre temps, il aurait été rebaptisé Shilang. Ce premier porte-avions a toutes les chances d’être consacré à l’entraînement.

La Chine a précisé qu’elle était le seul membre du Conseil de Sécurité de l’ONU à ne pas posséder de porte-avions.

Un deuxième porte-avions sous le nom de « F » est en construction ex-nihilo au nord de Shanghai sur l’île de Changxing dans le gigantesque chantier naval Tiangnan.

Les Chinois construisent aussi un centre d’entraînement aux manœuvres sur porte-avions à Xingcheng dans la zone militaire d’Huludao (province de Liaoning).

Les chasseurs chinois Shenyang J-15 capables de décoller du Shilang n’étaient pas présents à bord lors de ce premier voyage inaugural.

La Chine développerait aussi un avion furtif, le J-20, qui aurait effectué ses premiers essais sur une piste de Chengdu (province du Sichuan) où est situé le principal Institut Aéronautique chinois.

Accidents dans les TGV et les métros chinois

Le 23 juillet, après avoir été frappé par la foudre et immobilisé sur la voie alors qu’il traversait un viaduc à proximité de la ville de Wenzhou dans la province de Zhjiang, le train D3115 en provenance d’Hangzhou a été percuté par l’arrière vers 20h30 par le train suivant, le D301, venant de Pékin et se dirigeant vers le Sud.

Quatre voitures ont chuté du viaduc haut d’une trentaine de mètres. L’une est restée bloquée à la verticale entre la voie et le sol. Le bilan est d’une quarantaine de morts et de deux cents blessés.

La première enquête a mis en cause le système de signalisation. Le Ministre des chemins de fer Sheng Guang Xu s’est excusé et a promis une enquête approfondie. Trois officiels du bureau de Shanghai ont été démis de leurs fonctions. Un mois après l’accident, la Chine a suspendu ses nouveaux projets de TGV et une inspection générale du réseau actuel a été lancée.

La presse et les réseaux internet, notamment Weipo, critiquent le ministère du chemin de fer sur sa bureaucratie (2,1 millions d’employés), sa dette astronomique (230 milliards d’euros) et sa corruption. Le précédent Ministre Liu Zhijun avait été arrêté au début de l’année pour corruption.

D’autres lignes, notamment la ligne Pékin-Shanghai ouverte depuis juin, ont accumulé des déboires techniques. En cinq ans, le réseau des TGV chinois était devenu le plus long du monde avec plus de 8000 km fin 2010 et devait atteindre 12000 km fin 2012. Tout cela se fait trop rapidement : l’assimilation de la technologie, la formation des conducteurs, la sécurité ne suivent pas. Les usagers doutent maintenant, et le gouvernement  a décidé de réduire la vitesse des TGV partout.

Le 27 septembre, un accident de métro au cœur de Shanghai a fait près de 300 blessés. Une rame de métro a percuté par l’arrière une autre rame arrêtée sur la voie. L’accident viendrait encore d’une défaillance du système de signalisation réalisé par la société Casco, la même qui avait réalisé le système de signalisation ayant causé l’accident des TGV.

Terres rares

En début d’année, la Chine avait réduit unilatéralement de près de 40% ses exportations de terres rares (après les avoir bloquées totalement mais provisoirement vers le Japon). Cela avait entraîné de vives tensions avec ses partenaires économiques.

Ces « terres rares », un groupe de 17 minéraux, sont indispensables à la fabrication de produits de haute technologie (éoliennes, iPod, puces électroniques,…). La Chine assure 95% de la production mondiale actuelle.

Pékin a décidé de doubler pour le second semestre 2011 ses quotas annuels totaux d’exportation de terres rares qui atteindront près de 16000 tonnes. Mais les quotas doivent toucher plus de produits. Dans la pratique, cela risque de se traduire par une diminution des quotas par produit. La Commission Européenne a exprimé sa déception.

Vague à l’âme chez les millionnaires chinois

Selon une étude du cabinet Bain et Company réalisée sur une population statisistique de riches Chinois disposant de plus d’un million d’euros, 60% d’entre eux envisagent d’émigrer ou ont déjà émigré, et 25% des « super-riches » (plus de 11 millions d’euros) ont déjà opté pour le confort d’une nationalité étrangère.

L’opinion publique chinoise adore clouer les riches au pilori, ils sont de plus en plus critiqués sur la toile, et cela tourne parfois à la haine et à la violence. On ne compte plus les suicides et les meurtres de millionnaires sans parler des exécutions pour corruption.

Cela n’empêche pas le nombre de millionnaires, possédant plus d’un million de dollars hors résidence principale, d’augmenter dans la région Asie-Pacifique. Pour la première fois, en 2010, l’Asie-Pacifique a compté plus de millionnaires (3,3 millions) qu’en Europe (3,1 millions).

De plus, peut-être pour rassurer cette nouvelle classe, le Parti Communiste Chinois a admis au sein du Comité Central Liang Wengen, l’entrepreneur privé le plus fortuné de Chine (sa fortune est évaluée à 9,3 milliards de dollars).

Coup de pouce aux « entreprises vertes »

Le 17 août, Pékin a adopté un programme de financement des jeunes entreprises spécialisées dans des industries de pointe ou touchant aux questions environnementales, dont les précisions ont été données le 11 septembre.

L’Etat pourra ainsi prendre des participations à hauteur de 20% dans le capital des fonds d’investissement dès lors qu’ils réalisent au moins 60% de leurs placements directement dans des entreprises de moins de cinq ans employant au moins 300 salariés. Ces sociétés doivent travailler dans des domaines tels que : la conservation de l’énergie, le développement de nouveaux matériaux, les véhicules à énergies alternatives et les hautes technologies permettant de moderniser les industries plus traditionnelles.

Ces mesures doivent permettre d’améliorer le financement de ces PME qui souffrent du tarissement des crédits bancaires.

Publiques ou privées, les entreprises chinoises ont, compte tenu des problèmes environnementaux auxquels fait face le pays, un énorme marché devant elle.

Depuis deux ans, la Chine est devenue le premier investisseur dans les énergies propres. En 2010, elle y a dépensé 54,4 milliards de dollars soit 39% de plus qu’en 2009, devançant l’Allemagne et les USA

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