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Lettre de France-Asie n68

par Webmaster 26/01/2016

Cinquantenaire d’un massacre de masse oublié

Début octobre 1965, commençait un massacre de masse des communistes indonésiens et de leurs sympathisants et par extension de la communauté chinoise soupçonnée d’être une cinquième colonne au service de Pékin. Ce massacre dura un an et fit entre 500 000 et un million de morts.

À l’aube du 2 octobre 1965, un « mouvement du 30 septembre » arrête et abat six généraux de l’armée pour, disent-ils, déjouer un putsch contre le président indonésien Sukarno, grande voix des « non-alignés », avec l’aide de la CIA.

Mais dans l’après-midi, le général Suharto, futur dictateur, reprend le contrôle des bâtiments contrôlés par le « comité révolu-tionnaire », s’empare de facto du pouvoir et met Sukarno sur la touche.
La répression peut alors commencer contre le PKI (Parti communiste indonésien) et la communauté chinoise. Avec l’aide de puissantes organisations islamiques, l’armée et ses milices, vont organiser des massacres à Java, Sumatra, Bali, Bornéo. Plus de 500 000 morts au bas mot et plus de 750 000 personnes torturées et envoyées dans des camps de concentration avec le plein assentiment des États-Unis en cette période de guerre froide. Washington donnera aux responsables de « l’ordre nouveau » les listes que la CIA avait constituées.
Dix-huit ans après la chute du Suharto, plus de la moitié de la population n’a jamais entendu parler des massacres de 1965-1966. Les victimes et leurs familles attendent toujours des excuses publiques de la part des autorités de l’État.

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