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Lettre de France-Asie n60 Japon

par Webmaster 4/02/2014

Economie en demi-teinte

Un an après l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Shinzo Abe, le gouvernement japonais a réussi à tourner la page de 15 ans de déflation, l’augmentation des prix a été de 1,2% sur un an, mais le bilan des « Abenomics » est mitigé. Certes la croissance du PIB se poursuit mais à un rythme décroissant : 0,3% au troisième trimestre contre 0,9% au deuxième et 1,1% au premier.
De plus, les revenus ont reculé pour le dix-huitième mois consécutif, les autorités ne parviennent pas à convaincre les entreprises nippones de redistribuer leurs gains aux salariés.
De plus, près de 40% de la population active travaille à temps partiel ou à durée déterminée (contre 20% dans les années 90) pour des salaires très inférieurs à ceux des employés à temps plein.

Tension sino-japonaise

Le samedi 23, la Chine décidait unilatéralement la création d’une nouvelle « zone de défense aérienne d’identification » (ADIZ) incluant les Iles Senkaku-Diaoyu administrées par le Japon.
Le gouvernement japonais a protesté contre la création de cette zone (ainsi que la Corée du Sud) et appelé ses compagnies aériennes à ne pas communiquer d’informations à Pékin en cas de survol. Les USA ont fait savoir que les îles Senkaku « entraient dans le cadre de l’accord de défense » qui lie les USA au Japon et ont envoyé dès le lundi 25 deux B52 basés à Guam survoler ostensiblement le petit archipel.
Cette réaction était nécessaire pour les USA, car l’absence de Barak Obama, englué dans son conflit avec les Républicains, dans une série de réunions asiatiques à Brunei, avait donné l’impression que le « pivot » des USA vers l’Asie n’était pas si évident que ça, alors que de nombreux pays asiatiques, comme l’Inde, Taïwan, la Malaisie, Brunei, les Philippines ou le Vietnam ont des contentieux territoriaux avec la Chine.
Face à cette situation, la volonté de Shinzo Abe est d’augmenter les capacités de défense du Japon en réinterprétant la Constitution, en augmentant les budgets de défense et en créant un Conseil de Sécurité. L’attitude de Pékin, rendait cela légitime aux yeux des alliés et de ses voisins asiatiques.
Mais Shinzo Abe a ruiné tous ces gains médiatiques et diplomatiques en se rendant le 26 décembre au sanctuaire Yasukuni de Tokyo où sont honorés les « morts pour la patrie » y compris les criminels de guerre. Il a bien sûr essuyé une condamnation virulente de la Chine mais aussi des critiques d’autres pays asiatiques et des USA. Autant dire que cette visite au Yasukuni a été du pain béni pour Pékin.

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