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Lettre France-Asie n59 Chine

par Webmaster 13/11/2013

Economie

La situation économique de la Chine au troisième trimestre n’a pas été très lisible tant en termes de résultats que de décisions.

Le nouveau Premier ministre Li Ke-qiang avait fait passer un message de nécessité de dérégulation et de réformes pour revitaliser l’investissement privé et la dépense, plutôt que par l’augmentation des liquidités.

Mais la détérioration continue de la croissance du PIB (7,5% au deuxième trimestre contre 7,7 au premier) a contraint le gouvernement chinois à annoncer fin juillet des aides aux PME et de nouveaux investissements dans l’extension du réseau de chemin de fer dans l’ouest et le centre du pays, sans parler de la poursuite du transfert des eaux du sud vers le nord.

Parallèlement, le ministère chinois de l’industrie a ordonné à quelques 1300 entreprises de fermer leurs unités de production les plus anciennes et d’éliminer leur capacité de production excédentaire.

Dans le même temps, des dizaines de projets d’urbanisation pharaoniques (les villes fantômes) défient les plans du pouvoir central. Chaque ville veut son gratte-ciel géant. Shanghai inaugurera bientôt la Shanghai Tower qui avec ses 632 mètres sera la plus haute tour d’Asie.

De son côté, la Cour des Comptes chinoise a lancé un audit urgent de l’ensemble de la dette publique des autorités centrales et locales, ce qui est révélateur des inquiétudes croissantes liées au niveau d’endettement de la Chine.

Parallèlement, le 29 septembre, une nouvelle zone de libre échange de 29 km2 a été inaugurée à Shanghai pour tester de nouvelles réformes, notamment la convertibilité du yuan.

Certains économistes parlent de signes de rebond avec la reprise de la hausse des exportations cet été, d’autres de ralentissement une nouvelle fois de la production manufacturière chinoise en août. D’autres pointent enfin un rebond de la production industrielle en septembre.

Bien que contraint à une relance de type traditionnel, le gouvernent chinois semble déterminé à réformer l’économie chinoise, la création dans l’est de Shanghai d’une zone franche dans laquelle les contrôles étatiques seraient relâchés, a déjà été citée,  de même que la libéralisation des taux de crédits pratiqués par les banques ouvrant la voie à davantage de concurrence et donc à un financement plus équilibré de l’économie.

De plus, les grands groupes chinois poursuivent leurs investissements à l’étranger. Les IDE chinois dans le monde auraient progressé de 17,6% en 2012. Comme exemple, le groupe chinois Biostime (fabricant de lait pour bébé) est entré au capital de la coopérative normande Isigny-Sainte-Mère.

Commerce du vin

Au-delà des tensions passagères liées aux contrecoups des taxes européennes sur les panneaux photovoltaïques et aux menaces de taxes sur les vins européens, la consommation de vin en Chine a été multipliée par quatre en moins de dix ans. Elle correspond maintenant à un litre par habitant et par an, ce qui laisse encore des marges de progression pour atteindre les chiffres enregistrés en France, en Italie ou en Espagne.

Politique

Si les décisions et résultats économiques sont contradictoires, il ne semble pas en être de même sur le plan politique. Toutes les informations semblent indiquer une reprise en main du parti communiste chinois.

Plusieurs « blogueurs anti-corruption », avocats, Big V, journalistes qui croyaient au pouvoir de l’opinion publique et à la force de la loi, sont devenus des « colporteurs de rumeurs » et ont été arrêtés.

Une campagne anti-corruption, cachant souvent d’autres buts, a été lancée, touchant aussi bien des cadres chinois dans de nombreux secteurs : rail, pétrole, télécom ou appareil du parti, que les groupes occidentaux (Glaxo Smith Kline, Sanofi, et d’autres)

Enfin Bo Xilai, l’ancien homme fort de Chongqing, dont le procès a été diffusé sur Weibo (le Twitter chinois) a été condamné à la prison à perpétuité par la Cour Intermédiaire de Jinan. Il a fait appel.

De plus, le 25 septembre, la télévision chinoise a montré une séance de « critiques et d’autocritique » montrant des plus hauts responsables de la province de Hebei faire amende honorable pour avoir trop dépensé lors d’un gala du nouvel an ou pour avoir négligé d’avoir écouté les doléances de leurs administrés, le tout en la présence attentive du Président du pays Xi Jinping.

Cette émission confirme qu’une « campagne de rectification du style des cadres » est en cours actuellement en Chine. Ces campagnes sont un mode récurrent de gouvernance du PCC depuis l’époque de Mao. La dernière avait été lancée par l’ex-président Hu Jindao en 2005 et avait donné lieu à des milliers de séances d’autocritique internes.

La nouvelle direction assoit son autorité. Est-ce à dire que tous les espoirs mis dans la nouvelle équipe dirigeante par les nouvelles générations chinoises pour : supprimer les camps de travail, aller vers un état de droit et l’indépendance de la justice sont à abandonner ? Il est encore trop tôt pour le dire. Seul le plenum du Congrès du PCC en novembre permettra de se faire une idée. En attendant, un chiffre fait sensation en Chine et doit faire réfléchir les dirigeants : en 2011, 150000 Chinois ont quitté le pays, non pas parmi les plus défavorisés, mais parmi les plus riches et les plus qualifiés.

Présence de France-Asie

Jean-Marie Cambacérès s’est rendu en Chine (Pékin) du 5 au 11 juillet. Il a rencontré notamment Sylvie Bermann, Ambassadeur de France, le colonel Serge Cholley, attaché de défense et Zhao Jinjun, Président de l’Institut de Diplomatie de Chine.

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